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Recrutement : pourquoi se tourner vers l’international?

7 min. 24 mars 2022
Recrutement : pourquoi se tourner vers l’international?

Cela fait plusieurs années maintenant que les employeurs canadiens se heurtent à des défis de main-d’œuvre et de recrutement, lesquels persistent et se complexifient en raison de la pandémie. De nombreuses entreprises ont vu leurs employés quitter et peinent désormais à combler le manque de personnel qualifié. Ce contexte étant amené à perdurer, quelles solutions se présentent alors aux entrepreneurs du Canada?

Manque de main-d’œuvre : une réalité
Le manque de main-d’œuvre est une problématique bien réelle au pays et s’explique par plusieurs phénomènes. Dans un premier temps, elle est alimentée par le vieillissement de la population : par endroit, de moins en moins de jeunes entrent sur le marché de travail pour remplacer les « baby-boomers » qui partent à la retraite. Des données de Statistique Canada démontrent que depuis 10 ans, la population de 20 à 64 ans en âge de travailler a augmenté de 8 % tandis que celle des 65 ans et plus a bondi de 42,3 %.

Plus problématique encore, quelques provinces connaissent l’exode de jeunes diplômés et travailleurs qui décident de rejoindre les grandes villes. Christian Bernard, vice-président des talents internationaux chez Montréal International explique : « Pour certaines régions, l’indice de remplacement n’est que de 60 pour 100 départs. En plus d’un faible flux migratoire dans ces endroits, une pénurie s’observe et les postes sont difficiles à combler ».

Une étude de la BDC indique que 55 % des entrepreneurs du Canada ont de la difficulté à recruter les employés dont ils ont besoin.

Un facteur de taille a récemment fait son entrée et doit être pris en compte dans cette problématique : la pandémie. Bien que le pire de celle-ci soit derrière nous, ses effets sont encore bien observables. Depuis le premier déconfinement de 2020, les entreprises se heurtent à un constat inquiétant, celui du manque criant de personnel. Malheureusement, on observe une pluralité des secteurs touchés, si bien que la productivité des PME est menacée.

Suite à l’arrivée de la COVID-19, les gouvernements ont mis en place des mesures pour aider les travailleurs touchés durant la crise. Le prolongement de ces mesures sur une trop grande période pourrait avoir une incidence sur le manque de main-d’œuvre. En effet, la reconduite de certains programmes de subventions pousserait les gens à ne pas retourner travailler tout de suite.

À l’inverse, de nombreux travailleurs ont été contraints de chercher un autre emploi en raison de la fermeture des entreprises, parfois même dans d’autres secteurs économiques. Pour certains, il n’est pas question de reprendre leur ancien poste. Ce phénomène s’observe notamment dans les secteurs d’activités connus pour être plus difficiles, en raison de la charge de travail et du niveau de salaire.

Se tourner vers l’international
Dans ce contexte, de nombreuses entreprises se tournent vers le recrutement à l’international. En plus d’être une réponse pertinente au problème de main-d’œuvre, les travailleurs internationaux sont une richesse : ils apportent souvent un regard neuf et représentent finalement la porte d’entrée à une créativité souvent convoitée par les organisations.

Par ailleurs, le Canada est un pays très attractif où de nombreux travailleurs souhaitent venir. Chose certaine, beaucoup d’entrepreneurs se tournaient déjà vers l’international, notamment vers l’Europe en raison des compétences plus facilement exploitables et des équivalences de diplôme. Toutefois, les restrictions à la frontière ayant été mises en place durant la pandémie, l’arrivée de voyageurs, et par conséquent, de travailleurs étrangers, a été plus complexe.

En outre, l’Ontario tente de développer la législation, afin de permettre à ces travailleurs un accès plus facile à un emploi. Selon le premier ministre Justin Trudeau, ce changement pourrait considérablement contribuer au redressement de l’économie.

Du côté du Grand Montréal, Montréal International œuvre depuis 25 ans à offrir aux entreprises un service clé en main de recrutement à l’international. Christian Bernard précise : « Nous sommes présents durant tout le processus, y compris en amont, pour soutenir et conseiller les entreprises lors des entrevues, et en aval avec la bonne intégration des talents qui ont parfois besoin d’adaptation ».

Ce type de services permet aux entreprises de répondre rapidement à leurs besoins en bénéficiant de travailleurs qualifiés en seulement quelques mois. En effet, certains territoires tels que la France, la Belgique ou encore le Maghreb sont des bassins de talent pertinents en raison de la facilité de la langue et des équivalences de diplôme.

Des secteurs d’activités tels que le transport, les finances et le commerce de détail font régulièrement appel à ces services, car ils ont été mis à mal par la pandémie. D’autres, comme les technologies d’information (TI), y ont recours parce qu’ils sont victimes d’une forte croissance, notamment avec le télétravail.

« Les TI sont pour nous un secteur prioritaire. En raison de la pandémie, on observe une forte demande, donc de gros besoins à combler. »
-Christian Bernard, vice-président des talents internationaux chez Montréal International

Si le recrutement à l’international se place comme une réponse adéquate, il ne faut pour autant pas oublier l’importance de la rétention des talents. En effet, les travailleurs internationaux doivent s’adapter à une réalité jusqu’alors différente de celle qu’ils connaissent. Montréal International prend en compte ce facteur et offre aux entreprises des formations spécialisées pour leurs nouvelles recrues, explique Christian Bernard.

Les gouvernements mettent en place de nouvelles décisions qui semblent être en faveur des travailleurs qualifiés : en août dernier, le Québec a relevé la limite de 10 % de travailleurs étrangers temporaires au sein des entreprises à 20 %. Cette limite s’applique pour des secteurs précis et sera étendue progressivement à d’autres professions. De son côté, l’Ontario souhaite voir doubler le nombre d’immigrants qualifiés autorisés à s’installer dans la province, et ainsi accueillir au moins 18 000 immigrants contre les 9 000 autorisés par an.

Toutefois, les délais d’immigration représentent encore un défi pour les talents déjà sur place. Il ne faut pas négliger l’importance de conserver les travailleurs déjà intégrés socialement et professionnellement. Les délais d’immigration permanente étant encore trop longs, cette problématique fait régulièrement l’objet de discussion auprès des gouvernements, nous confie Christian Bernard.

La technologie comme moteur
La crise récente a rebattu les cartes et la technologie a plus que jamais une place centrale sur le marché du travail. Elle se présente comme une réponse moderne et adéquate pour accéder aux travailleurs internationaux. En gommant les limites spatio-temporelles, elle permet de chercher et de contacter le talent là où il se trouve.

Elle répond aussi à une limite dictée par la pandémie, celle du télétravail. L’entreprise Job.Etrouve propose aux entrepreneurs de répondre à leurs besoins en combinant talents internationaux et travail à distance : « Le projet est né du constat que beaucoup de talents étaient disponibles pour travailler directement, sans toutefois venir ici au Canada. On s’occupe donc de la rencontre entre eux et nos clients », explique David Therriault, président de Job.Etrouve.

Dans le cadre des services qu’elle offre, l’entreprise réalise la première entrevue et fait passer des tests aux candidats, afin de ne présenter que des profils hautement compétents à ses clients. Elle crée alors un tout nouveau bassin de talents qualifiés pour les entrepreneurs qui ont besoin de main-d’œuvre. Par ailleurs, le télétravail permet de viser un bassin plus large : David Therriault confie que certains travailleurs sont situés en Allemagne ou même à Madagascar.

« Pour certains domaines comme l’informatique, le décalage horaire est même un avantage, car les employés peuvent travailler pendant qu’il fait nuit ici. Il y a toujours quelqu’un de disponible. »
-David Therriault, président de Job.Etrouve

Le choix du télétravail à l’international présente des avantages pour des PME qui ne peuvent pas toujours compétitionner avec les plus grands : plus de flexibilité et des coûts bien moindres. Selon David Therriault, le modèle est voué à perdurer, car la crise a montré que la technologie est devenue indispensable. Si le télétravail a d’abord été imposé par la pandémie, il est désormais prouvé qu’il peut combler un manque de personnel occasionné par d’autres facteurs tels que la démographie du pays.

La réponse

Le recrutement : pourquoi se tourner vers l’international ? Le vieillissement de la population et le départ des talents vers les grandes villes causent une rareté voire une pénurie de main-d’œuvre dans de nombreuses régions.

Parallèlement, l’international représente un bassin de talents compétent et intéressant. Les travailleurs internationaux sont la clé d’une créativité convoitée par bien des entreprises et la technologie est aujourd’hui davantage un allié pour les entreprises qui peuvent rejoindre les talents plus facilement, sans limites de temps et d’espace. Ainsi, certains domaines d’activité tels que les technologies informatiques sont plus enclins à recruter des talents internationaux. En ce qui concerne votre entreprise, il est important de voir l’international comme une solution complémentaire : il ne résoudra pas à lui seul le défi que représente le manque de main-d’œuvre.

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